Nu devant sa patiente : "c'était pour me mettre sur un pied d'égalité avec elle"

16/02/2017 Par Aveline Marques
Faits divers / Justice

Un ex-médecin généraliste de 66 ans comparaissait hier devant le tribunal correctionnel de Bordeaux pour "atteinte sexuelle aggravée en raison de l’autorité que lui conféraient ses fonctions".

Le 5 juin 2013, ce médecin homéopathe et acupuncteur, aujourd'hui à la retraite, reçoit pour la 4e fois une patiente venue consulter pour un psoriasis sur le crâne et un problème de surpoids. Comme lors de la première consultation, il lui demande de se déshabiller complètement. S'ensuit une séance de "digitopuncture", au cours de laquelle le médecin effectue des pressions avec ses doigts sur le corps de la patiente, notamment autour du sexe et des fesses. Selon cette dernière, il lui aurait également malaxé la poitrine. Puis le praticien ferme la porte à clé, se dénude intégralement et s'allonge sur la table d'auscultation. Assurant à sa patiente qu'elle a un "don", il lui demande de "mettre les mains dans le cambouis" en le touchant "pour sentir l'énergie". Terrorisée, la jeune femme s'exécute. Elle porte plainte quelques jours plus tard. A l'audience, hier, le praticien retraité s'est défendu de tout geste à visée sexuelle. S'il demande à ses patients –femmes et hommes- de se dénuder, c'est pour "voir la morphologie complète" et donc "mieux soigner". S'il s'est déshabillé, c'est parce que "cette dame n’était pas bien dans son corps". "J’ai voulu me mettre sur un pied d’égalité avec elle pour l’aider à prendre confiance en elle", affirme celui qui est décrit par son avocat comme "personnage atypique décomplexé sur la nudité" qui ne pratique pas "la médecine classique". "Ma cliente n’est pas une personne qui n’a rien compris au film. À l’époque, elle était dépressive et vulnérable. Ce qu’il savait pour avoir été en contact avec sa psychothérapeute", souligne son avocate. Le vice-procureur, convaincu d'une "manipulation", a requis une peine de prison avec sursis, une obligation de soins et l'interdiction d'exercer. Le jugement sera rendu mardi 21 février. [Avec Sudouest.fr]

 
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