Rebond "sans précédent" des méningites à méningocoques

14/11/2023 Par Marielle Ammouche
Infectiologie
"Un rebond sans précédent" des cas de méningites à méningocoques a été constaté en France, après la crise sanitaire du Covid, confirme l’Institut Pasteur, d’après les derniers chiffres, qui sont publiés dans la revue Journal of Infection and Public Health, le 12 octobre 2023. Une diminution de l’immunité, mais aussi une baisse de la vaccination sont en cause.

  Le confinement et les mesures barrières associés à la crise sanitaire ont entrainé une chute majeure, de 75%, des contaminations par le méningocoque, au cours des années 2020 et 2021. Cependant, la période post-Covid a été marquée par une forte recrudescence, au cours de l’automne 2022, qui s’est ensuite prolongée. Et, à l’automne 2023, le nombre de cas de méningites à méningocoques apparait supérieur à celui de la période pré-Covid : 421 cas entre janvier et septembre 2023, contre 298 entre janvier et septembre 2019, soit une augmentation de 36%. Deux hypothèses principales expliqueraient cette évolution : une baisse de l’immunité générale suite à la diminution de la circulation des souches, mais aussi une baisse de la vaccination, qui a chuté de 20 % pour la vaccination contre le méningocoque C lors du premier confinement par exemple. Il y a aussi eu une modification des souches bactériennes. Les méningocoques des groupes W et Y sont apparus beaucoup plus nombreux que les autres après la pandémie. Avec, comme corollaire, une modification des classes d’âge concernées. Ainsi, « les plus touchés par cette nouvelle vague de méningites sont les jeunes de 16 à 24 ans » précise Ala-Eddine Deghmane (Institut Pasteur), co-auteur principal de l’étude. Problème : cette recrudescence de la méningite pourrait bien s’amplifier dans les mois à venir avec l’épidémie de grippe saisonnière et les grands rassemblements, prévient l’Institut Pasteur. En outre, le contexte vaccinal n’est pas favorable : seule la vaccination contre le méningocoque C est obligatoire ; celle contre le B est simplement recommandée chez les nourrissons ; et il n’existe pas encore de recommandations en population générale contre les groupes Y et W. « Si le vaccin tétravalent ciblant les méningocoques de groupes A, C, Y et W était recommandé auprès des adolescents, cela permettrait de les protéger directement mais aussi de protéger indirectement les autres catégories de la population », souligne Ala-Eddine Deghmane. Les adolescents sont en effet les premiers porteurs sains du méningocoque.

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5 débatteurs en ligne5 en ligne
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Débatteur Passionné
Médecine générale
il y a 2 ans
Perso, ça ne m'étonne pas. La nature ayant horreur du vide elle remplace une souche de méningo "couverte" par le vaccin obligatoire des nourrissons, par une autre souche sans pression vaccinale. J'avais déjà fait cette observation quand on a vacciné tous le monde avec le pneumo23 lors de "l'épidémie" de grippe H1N1 où dans les suites j'ai vu des pneumopathies chez ces vaccinés alors que c'était exceptionnel avant cette vaccination de masse. Et on aura le même problème avec la vaccination HPV où en vaccinant tout le monde l'on va sélectionner des souches virales naturelles non couvertes par le vaccin (d'ailleurs on augmente régulièrement le nombre de souches HPV dans ces vaccins, mais on sera toujours en retard d'un train, comme pour les variants Covid19), et donc un diminution de la protection des personnes réellement à risque
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Incontournable
Médecine générale
il y a 2 ans
Quand on vaccine massivement il va se produire soit: Un déplacement épidémique vers des générations plus jeunes ou plus âgées, soit un remplacement épidémique de l'agent pathogène qui semble disparaître et est remplacé par d'autres agents pathogènes résistants au vaccin. Conclusion: la vaccination de masse est une hérésie.
Photo de profil de Thierry Valette
175 points
Médecine générale
il y a 2 ans
Et bien sûr personne ne se demande si la vaccination COVID ou le COVID lui même ne pourraient pas être responsables de par la baisse d'immunité qu'ils induisent...
 
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