États-Unis : un patient de 79 ans apprend qu'il va mourir par robot interposé

14/03/2019 Par Yvan Pandelé
E-santé
En Californie, un patient de 79 ans hospitalisé pour une maladie pulmonaire a appris l'imminence de sa mort via un robot de téléprésence. Sa famille dénonce une méthode déshumanisante.

    L'affaire interroge sur les dérives d'un usage trop décomplexé de la technologie. Hospitalisé pour une maladie pulmonaire, un Californien de 79 ans a reçu l'annonce de sa mort imminente par vidéo interposée, via un robot de téléprésence. Sa petite fille, choquée par la situation, a rapporté l'histoire sur les réseaux sociaux puis dans les médias américains. Le patient, Ernest Quintana, était hospitalisé au centre Kaiser Permanente de Fremont, près de San Francisco, pour des troubles respiratoires chroniques. Il était accompagné de sa petite fille Annalisa Wilharm, 33 ans, lorsqu'un robot de téléprésence est entré dans la chambre. Par visioconférence, un médecin lui a alors annoncé que son affection pulmonaire n'était plus du ressort de la médecine.

Peut-on faire preuve d'humanité par robot interposé ? (A. Wilharm, droits réservés.)

Assis dans une pièce de visioconférence, le médecin grimace légèrement en réponse à une question sur la prise en charge à domicile. "Je ne sais pas s'il rentrera à la maison", avoue le médecin en grimaçant légèrement, comme on peut le voir sur la vidéo filmée par Annalisa Wilharm à l'intention de sa famille. Un infirmier est visible à l'arrière-plan. Le médecin à distance propose ensuite un transfert en soins palliatifs et un traitement à base de morphine. Le vieux monsieur souffrant de surdité d'une oreille, Annalisa Wilharm a dû jouer l'intermédiaire auprès de son grand-père, qu'elle décrit rétrospectivement comme désemparé. Il est décédé deux jours plus tard à l'hôpital. "On savait que ça allait arriver et qu'il était très malade, mais on ne peut pas donner des nouvelles de cette façon, un humain aurait dû venir", a-t-elle déclaré lors d'une interview à la chaîne de télévision locale KTVU. Le centre médical Kaiser Permanente a réagi par communiqué en expliquant que le médecin – demeuré anonyme – était en charge d'une consultation de suivi, et que des personnels médicaux avaient déjà exposé sa situation médicale à Ernest Quintana. En personne.   [Avec AFP et NY Times]

Faut-il octroyer plus d'autonomie aux infirmières ?

Angélique  Zecchi-Cabanes

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Oui

Pourquoi pas? À partir du moment où elles ont la responsabilité totale de ce qu’elles font et que les médecins généralistes n’ont ... Lire plus

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