Fillette empoisonnée par une pile : ses parents accusent l’hôpital d’homicide involontaire

26/03/2018 Par Sandy Bonin
Faits divers / Justice

En juillet dernier, Faustine, une fillette iséroise de 2 ans et demi est décédée après l’ingestion d’une pile bouton. Ses parents viennent de déposer plainte pour "homicide involontaire" contre les Hospices Civils de Lyon et deux médecins qui avaient pris en charge l'enfant.

"S'il n'y avait pas eu de faute caractérisée dès son admission aux urgences, Faustine serait encore parmi nous", a déclaré Me Maxence Pascal, conseil de Laëtitia et Patrice Aberkane, les parents de la fillette. Ces derniers ont également porté plainte contre X. Faustine est décédée d'une hémorragie "massive", le 15 juillet 2017 au domicile familial à Pont-de-Chéruy (Isère), après un an d'hospitalisation et une vingtaine d'opérations chirurgicales lourdes. A l'origine de ce calvaire, une pile-bouton au lithium que Faustine avait avalée un an plus tôt et qui n'a pas été immédiatement repérée sur une radio effectuée aux urgences de l'hôpital Femme-Mère-Enfant (HFME) de Bron, près de Lyon, où la fillette avait été emmenée en juillet 2016 pour une détresse respiratoire. Une simple bronchite avait d'abord été diagnostiquée. Selon la mère de la fillette, un des deux médecins mis en cause avait cru voir un médaillon sur la radio, erreur imputée ensuite à l'engorgement des urgences. Me Pascal déplore que personne n'ait "pris la peine de vérifier si la petite avait un médaillon effectivement ce jour-là. C'est pour nous une faute d'une extrême gravité. Elle a eu pour conséquence que le lithium de la pile s'est consumé et a provoqué la fistule à l'origine de toutes les opérations de Faustine". La pile sera découverte par l'hôpital 48 heures plus tard après un nouvel examen radiologique et la fillette sera opérée en urgence. L'enfant est décédée un an plus tard à la suite d'une "hémorragie interne et externe massive d'origine gastrique", d'après les conclusions de son autopsie citée dans la plainte. Déposée en mars auprès du parquet de Lyon, la plainte vise les Hospices Civils de Lyon (HCL), un neuropédiatre et un pneumologue. Peu après le décès, le Pr Olivier Claris, président de la commission médicale d'établissement des HCL et chef du service néonatalogie à l'HFME, avait reconnu auprès de l'AFP "un retard de diagnostic" en 2016 tout en estimant que le tri avait alors été "fait correctement aux urgences". [Avec AFP]

Vignette
 

SAS : accepterez-vous de partager votre agenda ?

Pierre Nevians

Pierre Nevians

Non

A tout problème complexe, il y a une solution simple .... et fausse. Il faut cesser de voir la médecine libérale comme une rustin... Lire plus

0 commentaire





La sélection de la rédaction

"En 10 secondes le diagnostic est fait" : l'échographie par les généralistes, une solution pour faciliter l...
21/02/2024
42
Portrait
"Je suis loin d’avoir lavé mon honneur mais j’ai rétabli l’histoire" : les confidences d’Agnès Buzyn, ministre...
22/12/2023
36
"Se poser dans une bulle, ça fait du bien" : en immersion dans cette unité cachée qui soigne les soignants...
05/01/2024
15
Santé publique
Ce qui se cache derrière la hausse inquiétante de l'infertilité
13/03/2024
17
"Ils ont une peur primaire de la psychiatrie" : pourquoi les étudiants en médecine délaissent cette spécialité
27/02/2024
28
"C'est assez intense" : reportage dans un centre de formation des assistants médicaux
01/03/2024
9