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Les externes du CHU de Rennes exclus du restaurant du personnel : "C'est une situation extrêmement humiliante"

Les externes en stage au CHU de Rennes ne peuvent désormais plus déjeuner dans le service de restauration du personnel de l'établissement. Cette décision, largement relayée sur les réseaux sociaux, a suscité l'indignation. La direction du CHU a tenu à réagir. 

22/01/2026 Par Chloé Subileau
Externat Hôpital
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Article mis à jour le 23/01/2026 à 9h25 : réponse du CHU de Rennes à Egora

Les externes en stage au CHU de Rennes sont-ils exclus du service de restauration du personnel de l'établissement ? C'est ce qu'affirme le Dr Matthieu Cantet, généraliste, dans un post publié mardi sur LinkedIn et Instagram. Largement relayée, cette publication a suscité l'indignation de centaines d'internautes. "Quelle honte", commente un utilisateur sur LinkedIn. "Tellement révélateur de la culture hospitalière française", lance un second, chirurgien.  "Choquant !", peut-on également lire.

Selon le Dr Cantet, qui est également podcasteur, la direction des affaires médicales du CHU de Rennes a décidé de ne plus autoriser l'accès du restaurant du personnel aux externes en médecine en stage dans l'établissement. "Cette décision […] repose sur un argumentaire administratif : statut étudiant, affluence trop importante, priorité donnée aux professionnels hospitaliers", avance le médecin généraliste.

"Peut-on vraiment continuer à considérer les externes en médecine comme de simples étudiants, alors qu'ils participent chaque jour au bon fonctionnement de nos hôpitaux, et seront nos soignants de demain ?", lance le praticien. Pour Matthieu Cantet, la mesure prise "fragilise [l']intégration", la "formation" et la "reconnaissance" de ces apprentis médecins "au sein de l’hôpital".

 

Contactée par Egora, une externe confirme la situation. Depuis début 2026, la direction des affaires médicales du CHU a "appliqué une règle interdisant l'accès des externes en médecine au restaurant du personnel (self de Pontchaillou)", qui est réservé aux personnels de l'hôpital, affirme l'étudiante rennaise.

Parmi les raisons avancées pour justifier cette exclusion : le statut étudiant des externes – qui peuvent donc se restaurer dans les restaurants CROUS -, la forte fréquentation du service de restauration de l'hôpital ou encore, "l'impact sur les professionnels du CHU" qui "disposeraient de temps de pause limités en raison de leurs contraintes de service", note l'externe.

Quelques exceptions, notamment pour les externes affectés aux urgences ou aux blocs opératoires, ont toutefois été décidées. Selon l'étudiante interrogée, elles ne sont en réalité pas respectées.

De nombreux externes se retrouveraient donc "sans solution pour se restaurer" lorsque les CROUS sont fermés - à partir de 13h30, selon la future soignante -, obligeant à des "achats à l'extérieur" ou à apporter "son propre panier repas". "Mais plusieurs externes ont été sommés de quitter les lieux du RP [restaurant du personnel] alors même qu'ils apportaient leur propre repas pour déjeuner avec leur équipe", rapporte l'étudiante, qui pointe une "situation extrêmement humiliante" et qui nuit à la bonne intégration des externes.

Réaction du CHU de Rennes

La direction du CHU de Rennes, jointe par Egora, a tenu à apporter quelques précisions sur la situation, assurant accueillir les étudiants en santé "dans les restaurants du personnel" de l'établissement. Ces apprentis soignants sont accueillis "tous les jours sur le site sud de l'établissement (entre 30 et 35 repas par jour), du fait de l'éloignement de ce site avec le campus universitaire et le self du CROUS", indique la direction. 

Ils ont également accès aux restaurants du personnel "pendant toutes les vacances scolaires, les travaux ou les fermetures pour évènements exceptionnels (soit 16 semaines)". L'accès aux restaurants du personnel est aussi possible pour les étudiants en stage dans les services d'urgences, de réanimation et en blocs opératoires "sur le site de Pontchaillou compte tenu des contraintes spécifiques à l'organisation de ces stages hospitaliers", confirme la direction du CHU. 

"Dans toutes les autres situations, les 970 étudiants des facultés de médecine, de pharmacie et d'odontologie ont accès au restaurant CROUS", proche du site de Pontchaillou, souligne la direction. "Au total, hors vacances scolaires, le CHU accueille donc un total d'environ 100 étudiants par jour dans ses selfs."

Par ailleurs, la direction souligne que toutes ces "dispositions ont été mises en place en concertation avec l'UFR de médecine et leur représentants". "Le CHU, soucieux de l'accueil des étudiants dans des conditions de qualité, échange régulièrement avec les représentants des étudiants pour faciliter le déroulement de leurs stages dans ses services", ajoute-t-elle.

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Débatteur Passionné
Anesthésie-réanimation
il y a 10 jours
De mon temps.... Il fut en effet un temps où les internes et externes prenaient leurs repas à l'internat. La rénovation des hôpitaux a fait souvent disparaitre ces internats au "profit" des selfs et ce n'a pas été sans peine compte tenu des horaires de repas souvent décalés du fait des urgences dans certains services (eh oui les soins étaient considérés comme prioritaires (!!!) Dans "mon" hôpital, nous avons tous milité pour que l'internat soit préservé dans la reconstruction et le personnel déjeunait parfois indifféremment sur un site ou l'autre mais plus volontiers au self pour les non médecins et à l'internat pour les médecins, des plus jeunes aux plus anciens. Il se trouve que l'ambiance était plutôt agréable sur les deux sites et l'administration assumait les coûts sans renâcler, mais pas gratuitement. Chaque "utilisateur" de l'internat devait déclarer le nombre de repas qu'il était susceptible de prendre et une somme équivalente était prélevée sur son salaire. Il faut dire que cet hôpital "de proximité" n'avait pas d'université proche ni de restau-u. Les quelques autres que j'ai connu avaient un self et pas de discrimination d'entrée, l'amplitude d'ouverture était adaptée au nombre des repas à servir. Je ne sais pas si Rennes se distingue par son incivilité mais c'est inadmissible que les externes ne soient pas acceptés à la table de ces "élites" boursoufflées de suffisance.
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1,1 k points
Débatteur Passionné
Médecine générale
il y a 10 jours
Oui, je me répète, mais cela mérite un peu d'attention car la grande majorité des problématiques opposées au collectif des soignants par une administration pointilleuse et débridée à tous ses étages, serait un " problème de budget " dint NOUS serions responsable. Pour rappel donc : Un hopital emploi ( sauf à Valenciennes,.... d'ailleurs , coïncidence, c'est le seul qui soit rentable de plusieurs millions d’euros chaque année...: cf lien .) 30% de personnels administratifs mais à vérifier si cela ne pèse que 30% des budgets....
Photo de profil de François Levrat
265 points
Incontournable
il y a 10 jours
Je ne sais pas si c'est l'administration qui utilise le terme d'apprenti médecin, mais alors un apprenti au rabais. Pour la loi l'apprenti est un salarié de l'entreprise et a les mêmes droits que les autres salariés (en particulier il est interdit de lui interdire l'accès à la cantine). Déjà les es externes ont une rémunération qui est inférieure à la rémunération minimal légale d'un apprenti de 16 ans.
 
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