vaccination contre le covid

Zona : le CNGE émet des doutes sur la généralisation du vaccin Shingrix

Alors que le vaccin contre le zona Shingrix (GSK) a été autorisé et recommandé chez les sujets de 65 ans et plus immunocompétents, ainsi qu’à partir de 18 ans chez les sujets à risque accru de la maladie, le Collège national des généralistes enseignants (CNGE) "s’interroge" sur "la pertinence" de cette mesure.

12/06/2025 Par Dre Marielle Ammouche
Vaccination Infectiologie
vaccination contre le covid

Alors que le vaccin contre le zona Shingrix (GSK) a été autorisé et recommandé (décembre 2024) chez les sujets de 65 ans et plus immunocompétents, ainsi qu’à partir de 18 ans chez les sujets à risque accru de la maladie, le Collège national des généralistes enseignants (CNGE) "s’interroge" sur "la pertinence" de cette mesure. Le Collège confirme que ce vaccin recombinant adjuvanté a montré une efficacité à travers 2 études cliniques, ZOE-503 et ZOE-704. Les résultats montraient que, chez les patients âgés ≥ 70 ans immunocompétents, il fallait vacciner 34 sujets pour éviter la survenue d’un zona dans les 3,7 années suivant l’intervention, et 293 sujets pour éviter la survenue d’une douleur post-zostérienne (résultat exploratoire). Et la tolérance du vaccin était bonne.

Les membres du conseil scientifique du CNGE relèvent cependant "plusieurs limites", et en particulier l’absence d’essai spécifique sur les populations ciblées par la recommandation de la HAS. Les données à long terme apparaissent aussi insuffisantes, la seule étude pour cela – financée par GSK, souligne le CNGE – avait 10 ans de recul. Elle montrait une réduction relative du risque de zona de 73,2 % la 10ème année (risque absolu dans le groupe placebo = 8,7%).

 

Un outil d'aide à la décision

Pour le CNGE, il manque aussi des données sur l’impact sur la qualité de vie, ainsi que chez les sujets ayant déjà eu un zona ou ayant précédemment été vaccinés par l’autre vaccin (Zostavax, MDS, actuellement non commercialisé), mais surtout sur le plan médico-économique. En effet, au vu de la cible très large et du prix élevé du vaccin (188 euros), le CNGE "s’interroge sur le rapport coût/efficacité de cette vaccination et sur l'importance de l'enveloppe budgétaire qui y est dédiée". Les membres précisent que "ces interrogations sont également soulevées" en Belgique "qui a considéré que l’équilibre coût/efficacité était négatif au prix actuel du vaccin". 

Dans ce contexte, le CNGE a construit un outil d’aide à la décision (disponible sur son site) qui "vise à fournir des informations limitées mais factuelles sur les bénéfices et les risques cliniques de Shingrix". Il concerne uniquement les patients ayant 70 ans ou sans risque accru de zona, du fait de l’absence de données dans d’autres populations.

Selon le réseau Sentinelles, on observe chaque année plus de 500 cas de zona pour 100 000 habitants chez les plus de 50 ans, responsables d’environ 40 décès par an, principalement chez les plus de 70 ans (96%). 

Références :

D’après un communiqué du Collège national des généralistes enseignants (CNGE, 12 juin)

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Débatteur Passionné
il y a 1 mois
Si on a déjà eu la varicelle et/ou un zona, normalement le virus reste de toute façon dormant "ad vitam æternam" quel intérêt d'un vaccin contre ce que l'on a déjà? J'aimerais bien une analyse détaillée professionelle de l'étude qui a homologué ce vaccin et des explications qui tiennent la route... Et on va inventer un vaccin contre tous les virus et microbes que porte la terre ? Et on va vacciner des gens dit "à risque" qui souvent ont leur système immunitaire très affaibli? Fouetter un cheval épuisé ne va pas lui donner plus de force...
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Débatteur Passionné
Médecins (CNOM)
il y a 8 mois
La question du CNGE est légitime. Vous auriez pu préciser que le Shingrix a un schéma à 2 doses, donc le coût est plutôt à 376,74€ par patient. Le Zostavax, certes moins efficace sur les différentes études, était à 104,36€ par patient. Le gain en immunité est certain, mais un prix 3,5 fois plus élevé paraît excessif. L'enveloppe pourrait être réallouée au remboursement des vaccins antigrippaux à toute la population, sans condition. D'autant que ça ferait économiser des formulaires.
Photo de profil de Gilles  Wilmouth
268 points
Incontournable
Autre spécialité médicale
il y a 8 mois
Merci pour cette lecture qui prend de la hauteur... Mais l'outil d’aide à la décision proposé n'est pas disponible sur le site à ce jour.
 
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