Hausse

Les antibiotiques repartent à la hausse en ville

En 2024, les prescriptions et la consommation d’antibiotiques ont augmenté en ville par rapport à 2023. 

18/11/2025 Par Dre Marielle Ammouche
Antibiotiques
Hausse

Les prescriptions et la consommation d’antibiotiques ont augmenté en ville en 2024 par rapport à 2023. Le recul qui avait été constaté en 2023 ne se confirme donc pas. La hausse pour les prescriptions est de 4,8%, selon les dernières données de Santé publique France (SPF), publiées à l’occasion de la Semaine mondiale de sensibilisation à la résistance aux antimicrobiens (du 18 au 24 novembre) et de la Journée européenne d’information sur les antibiotiques (18 novembre). Elles atteignent dorénavant plus de 860 prescriptions d’antibiotiques pour 1 000 habitants au cours de l’année.

En parallèle, la consommation d’antibiotiques s’est accrue de 5,4% atteignant 22,1 Doses Définies Journalières (DDJ)/1 000 habitants/jour.

"Avec plus de 860 prescriptions d’antibiotiques pour 1 000 habitants par an, nous sommes encore loin de l’objectif cible de 650 prescriptions pour 1 000 habitants par an d’ici 2027, fixé par la Stratégie nationale de prévention des infections et de l’antibiorésistance. D’ailleurs, en 2024, la France occupe le 2ᵉ rang des pays consommant le plus d'antibiotiques en Europe. Ainsi, continuer à mieux sensibiliser les prescripteurs et les patients est essentiel pour atteindre nos objectifs de santé publique", a réagi la Dre Caroline Semaille, directrice générale de SPF.

Des évolutions différentes selon l'âge, le sexe et la zone géographique

Les prescriptions d’antibiotiques sont principalement le fait des médecins généralistes (75,6% du volume total). C’est aussi chez eux qu’on observe la plus forte hausse +6,2%, contre +1,5% chez les spécialistes.

La hausse observée en 2024 fait suite à plusieurs années de fluctuations. Ainsi, la période Covid a été marquée par une baisse des chiffres, puis une reprise au cours des années 2021 et 2022, et enfin une baisse à nouveau en 2023.

Le rapport de SPF souligne, par ailleurs, que les évolutions diffèrent avec l’âge, le sexe ou la zone géographique. Ainsi, les prescriptions ont particulièrement augmenté, au 3e trimestre 2024, chez les enfants, "en lien avec une activité épidémique soutenue concernant les infections hivernales, alors même que ces dernières sont majoritairement virales et ne doivent pas justifier dans cette situation une prescription d’antibiotiques", précise SPF. Les prescriptions atteignent 1 333/1 000 habitants/an. Chez les 0-4 ans, elles sont plus stables, à un niveau toujours élevé (1 326/1 000 habitants/an). Les prescriptions augmentent aussi chez les séniors de 65 à 79 ans et les plus de 80 ans (respectivement 1 010 et 1 202 prescriptions/1 000 habitants/an).  

Les femmes apparaissent légèrement plus concernées (54,7% des DDJ et de 51,8% des prescriptions).

Enfin, en 2024, c’est en Corse et en Provence-Alpes-Côte d’Azur qu’on enregistre les taux les plus élevés , alors que les "bons élèves" sont la Bretagne, l’Auvergne-Rhône-Alpes et les Pays de la Loire. 

Références :

D’après un communiqué de Santé publique France (18 novembre)

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Débatteur Passionné
Médecins (CNOM)
il y a 3 mois
La fautes à ces méchants médecins qui ne savent plus soigner les infections sans antibiotiques !... Il faudrait les remplacer par des vétérinaires ....Ah eux aussi, ils prescrivent beaucoup d'antibiotiques ? ... Bon , alors il faut vite voter la Loi euthanasie car quand les vieux auront la grippe ce sera plus simple de les soigner sans antibiotiques , une petite injection et hop !...
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Débatteur Passionné
Anesthésie-réanimation
il y a 2 mois
Voilà donc un article qui pourrait être intéressant (enfin, l'article est une information relatant une étude qui pourrait être intéressante si...) Le problème de la description d'une fréquence de prescription ou d'actes c'est qu'il faut essayer d'en déterminer la cause. C'est sans doute très clair qu'il y a une augmentation qui à l'air chiffrée de façon correcte. Mais nombre de questions sont sans réponse. Cette étude doit donc en entrainer une ou plusieurs autre(s). Y a t il eu une épidémie (c'est vrai qu'un trod n'est pas suffisant (adapté) en cas de suspicion de méningite en situation épidémique qui justifierait une prescription en urgence quitte à l'interrompre précocement une fois le DG redressé. Y a t il eu une modification des reco de sociétés savantes par exemple sur les poussées de bronchite chronique où sur le risque de surinfection des grippes chez le sujet à risque? 17 000 morts quand même en 2024: ce serait quand même un marqueur sensible, quand on sait que la surinfection est la façon de mourir des personnes fragiles. Et dans ce cas, trop d'antibiotiques ou pas assez de vaccination? Bref s'il on a déjà fait la démonstration que prescrire "trop" et "trop souvent" et "trop longtemps" une antibiothérapie n'est pas recommandable, il faut aussi essayer de déterminer le pourquoi d'une augmentation. Les campagnes d'information peuvent alors être mieux ciblées et plus adaptées. Mais comme chaque fois en prévention/information/formation, le message doit être clair, argumenté, et répété. Dénoncer seulement est souvent contreproductif.
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Débatteur Passionné
Médecins (CNOM)
il y a 3 mois
Il serait intéressant de connaître la part de prescription faite via les TCS, et celle dispensée par les pharmacien ( avec aussi le ratio nbre de TDR+/nbre total de TDR; nbre de TDR effectué /nbre de demande de TDr.... Car le TDR (même s'il est rémunéré) n'est utilisable que si angine il y a... Et qui prends la peine de poser le diag ?
 
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