Hépatites chronique B et C : encore trop de personnes non diagnostiquées

24/09/2019 Par Marielle Ammouche
Hépato-gastro-entérologie
Le nombre de personnes atteintes d’une hépatite chronique B ou C est à la baisse, rapportent de nouvelles données publiées dans le dernier Bulletin épidémiologique hebdomadaire, à l’occasion de la Journée nationale de lutte contre les hépatites virales (25 septembre). En revanche, les efforts doivent se poursuivre concernant le dépistage, en particulier de l’hépatite B.

Les prévalences ont été estimées à 0,3%de la population des 18-75 ans, que ce soit pour l’hépatite B (IC95% : [0,13-0,70]) ou C [0,13-0,70], ce qui correspond à environ 135 000 individus pour chacune de ces pathologies. Par comparaison, cette proportion était de 0,36% en 2016, 0,42 en 2011 et 0,65 en 2004. Ces chiffres ont été obtenus à partir d’une étude originale qui utilise un auto-dépistage sanguin à domicile (BaroTest), accolée à une enquête téléphonique de grande ampleur (Baromêtre de Santé Publique France). Les auteurs appellent cependant à la prudence du fait des différences de méthodes utilisées, et également du fait que les populations marginalisées, pour lesquelles les prévalences des hépatites B et C sont probablement plus élevées, étaient sous représentées. L’étude montre en outre que 80,6% (IC95% : [44,2-95,6%]) des participants connaissaient leur statut pour l’Hépatite C, mais seulement 17,5% [4,9-46,4%] pour le virus B. Là encore les experts précisent que "ces estimations ne sont pas robustes étant donné le très faible nombre de participants testés positifs, entraînant des intervalles de confiance très larges". Dans l’éditorial du BEH, le Pr Jérome Salomon, Directeur général de la santé, souligne : "bien que l’activité de dépistage des hépatites virales B et C et du VIH soit importante en France, trop de personnes demeurent non testées et porteuses d’infections virales non diagnostiquées. Nous devons encore progresser, il nous faut renforcer nos actions de dépistage, lever tous les freins au dépistage, et parallèlement, favoriser le dépistage répété parmi les populations les plus exposées". Des efforts sont donc nécessaires pour atteindre les objectifs fixés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) de 90% de personnes connaissant leur statut pour 2030. Enfin, ces données sont importantes dans un contexte de refonte des modalités de dépistage des hépatites virales. De nombreux experts étant en faveur d’un dépistage dit "universel", c’est-à-dire moins une fois dans sa vie pour l’ensemble des adultes, et combinant celui des hépatites et du VIH.

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