Suspension d'agréments pour deux kinés formés dans une école privée à Malte : l'Ordre salue "un signal fort"
Mercredi 17 décembre, le Conseil d'Etat a suspendu les autorisations préfectorales d'exercice délivrées à deux kinés formés dans une école dénommée "United Campus of Malta". Des décisions saluées par l'Ordre national des kinésithérapeutes qui appelle à "sécuriser durablement les formations".
Les diplômes maltais attribués à Mme A et Mme B ne leur permettent pas d'exercer "légalement" à Malte, et "ne justifie[nt] dès lors pas que [leur] exercice professionnel soit autorisé" en France, stipule le Conseil d'Etat dans deux décisions rendues ce mercredi 17 décembre, et qu'Egora a pu consulter. La plus haute juridiction administrative en France a ainsi retiré les autorisations préfectorales d'exercice délivrées respectivement en février et mars 2025 à ces deux kinésithérapeutes.
Le Conseil national de l'Ordre des masseurs-kinésithérapeutes (CNOMK), à l'origine de ces procédures en référé aux côtés des ordres départementaux, attend par ailleurs les décisions concernant "11 dossiers" similaires. "On aura les résultats le 31 décembre", a indiqué sa présidente, Pascale Mathieu, contactée par Egora. "Les audiences ont eu lieu, nous y étions et nous sommes assez confiants sur l'issue."
Pour l'Ordre, ces décisions constituent un "signal fort" face aux "dérives" qu'il dénonce de longue date, à savoir "l'essor de formations privées opaques, souvent délocalisées à l'étranger, portées par des logiques lucratives, et ne répondant pas aux exigences de qualité requises pour l'exercice des professions de santé", lit-on dans un communiqué de presse. "Ça avait commencé [en 2017, NDLR] par le CLESI (Centre libre d’enseignement supérieur international)" qui dispensait une formation en kinésithérapie sur les campus de Béziers et de Toulon sans avoir obtenu d'agrément, trompant ainsi des centaines d'étudiants, rappelle Pascale Mathieu.
La présidente du CNOMK estime qu'il y a d'autres écoles qui opèrent actuellement avec le même procédé illégal. Ces structures privées de formation en santé sont "principalement à destination d'étudiants français" et cherchent à "contourner les règles nationales et européennes encadrant la formation initiale et les qualifications professionnelles", poursuit l'institution ordinale dans son communiqué. À l'issue d'un cursus souvent "coûteux" et parfois "entièrement à distance", ces jeunes "découvrent trop tard" que leur diplôme ne pourra pas être reconnu. "C'est dramatique pour ces étudiants", déplore la présidente du CNOMK qui se montre "vigilante".
L'Ordre des kinés demande qu'un "travail conjoint" soit engagé avec le ministère de la Santé "afin de sécuriser durablement les formations et d'éviter que de telles situations ne se reproduisent". "Pour moi, il faudrait évaluer ces étudiants [diplômés de ces écoles privées], regarder leur niveau, et, en fonction de ce niveau, leur proposer de poursuivre leur formation dans un institut français dans les domaines qu'ils ne maîtrisent pas. Là, ils auraient un diplôme d'Etat français qui ne souffrirait d'aucune contestation", défend Pascale Mathieu, qui ne souhaite pas "laisser des jeunes sur le carreau".
Et d'ajouter : "Cela a déjà été fait avec une école de pédicures-podologues en Belgique de mémoire qui avait été fermée. A cette époque, la DGOS avait fait exactement ce que je préconise pour ces étudiants. Donc c'est tout à fait possible. C'est aux mains du ministère. C'est à lui de voir s'il souhaite qu'il y ait une issue." La présidente de l'Ordre des kinés se montre néanmoins "confiante". "J'en avais parlé à Yannick Neuder [ancien ministre de la Santé]. Il était d'accord pour que l'on fasse cela, mais il fallait attendre évidemment l'issue de ces recours."
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