médicament

Médicaments : les labos et le Gouvernement trouvent un accord pour contenir les dépenses

Les Entreprises du médicament (Leem) et le Gouvernement ont annoncé avoir trouvé un accord face au risque de dérapage des dépenses de l'Assurance maladie concernant les médicaments, qui pourrait s’élever à 1,2 milliard d’euros en 2024, a estimé l'exécutif.

22/11/2024 Par Louise Claereboudt
Médicaments
médicament

L'annonce d'un éventuel dérapage des dépenses de médicaments en 2024 – de l'ordre de 1,2 milliard d'euros – lors du lancement de l'examen du PLFSS au Sénat avait suscité l'inquiétude des laboratoires pharmaceutiques. Ces derniers redoutaient d'être fortement mis à contribution pour corriger le tir. A l'origine de cet écart par rapport aux prévisions, l'exécutif a évoqué le montant des remises qui aurait été "nettement plus bas que prévu" cette année. Ce que les Entreprises du médicament (Leem) disent, elles, ne pas avoir constaté, refusant d'être ponctionnées. "On va prendre dans l'urgence des mesures pour boucher un trou dont personne ne connaît la véracité !", fustigeait alors son président, Thierry Hulot, auprès de l'AFP.

Les tensions se sont depuis apaisées entre le Leem et l'exécutif, les deux parties ayant annoncé ce jeudi 21 novembre avoir trouvé un accord inédit. "En dépit des analyses contradictoires sur le niveau de risque soulevé, le principe d'un accord a été acté pour anticiper les conséquences qu’aurait un dépassement de 1,2 milliard d’euros sur les comptes des entreprises et de l’Assurance maladie", écrit ainsi le Leem dans un communiqué. Les labos et l'exécutif se sont engagés à contractualiser pour générer 600 millions d’euros d'économies, "essentiellement grâce à une démarche de bon usage et de promotion des bonnes pratiques en matière de médicament", précise le Gouvernement dans un autre communiqué.

Le Leem évoque également le délistage de certains médicaments ayant une prescription obligatoire, qui pourrait permettre une économie potentielle de 300 millions d'euros. Une piste qui fait partie du plan d'économies de plus d'1 milliard d'euros que l'organisation avait présenté mi-septembre, avant la présentation du PLFSS.

En contrepartie, le Gouvernement a renouvelé son engagement de "limitation" de la clause de sauvegarde – la contribution due par les laboratoires dont le chiffre d'affaires dépasse un seuil fixé chaque année en LFSS* – à 1,6 milliard d'euros. Mais " sous réserve de l’atteinte des objectifs d’efficience collectivement fixés". Le Leem s'est dit satisfait de cet accord, se réjouissant, entre outre, que la réforme du calcul de sauvegarde soit reportée, sur proposition du Sénat, "pour assurer la prévisibilité et la soutenabilité des entreprises". "Ce report permettra d’amorcer les travaux nécessaires à la remise à plat des mécanismes de financement et de régulation des dépenses de médicaments", explique-t-il.

La ministre de la Santé et de l'Accès aux soins, Geneviève Darrieussecq, a salué "la conclusion de cet accord avec l’industrie du médicament, qui participe ainsi en responsabilité au financement du système de santé". "Les mesures trouvées préservent un équilibre permettant de garantir l’accès aux soins de nos concitoyens", souligne-t-elle dans le communiqué gouvernemental. "Cet accord doit enclencher une démarche réciproque de transparence et d’efficience, dont chacun s’accorde à reconnaitre l’urgence. Nous y serons vigilants. C’est la condition pour préserver notre système de protection sociale tout en permettant aux entreprises du médicament d’avoir les moyens de remplir leur mission au service des patients", a quant à lui déclaré Thierry Hulot.

Ces mesures ont d'ores et déjà été présentées aux parlementaires et intégrées dans la discussion en cours du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2025, précise-t-on.

*loi de financement de la Sécurité sociale.

Le montant de la cotisation ordinale vous semble-t-il justifié?

Blue GYN

Blue GYN

Oui

Tout dépend comment on pose la question. - Tout travail mérite salaire et il faut arrêter de râler sur tout et en permanence, (Arr... Lire plus

2 débatteurs en ligne2 en ligne
 
Vignette
Vignette

La sélection de la rédaction

Insolite
Pas d'adresse ni de téléphone... A Angers, ce cabinet qui accueille les patients sans médecin traitant est un...
22/01/2026
6
"Les policiers sont venus arme à la ceinture" : médecins spécialistes en clinique, elles dénoncent des...
15/01/2026
31
Enquête
"Ne plus en faire, c'est un deuil" : pourquoi les médecins renoncent aux visites à domicile
14/01/2026
23
Pédiatrie
Moins de médecins, moins de moyens, mais toujours plus de besoins : le cri d'alerte des professionnels de la...
06/11/2025
14
Histoire
"Mort sur table" : retour sur l'affaire des "médecins de Poitiers", qui a divisé le monde hospitalier
15/12/2025
7
La Revue du Praticien
Diabétologie
HbA1c : attention aux pièges !
06/12/2024
2