Décès de Naomi Musenga : ce que l'on sait

14/05/2018 Par Fanny Napolier
Faits divers / Justice
Cinq heures se sont écoulées entre son premier appel et son hospitalisation. Naomi Musenga, 22 ans, est décédée le 29 décembre dernier. La diffusion de l'enregistrement fait craindre une défaillance dans sa prise en charge.

Le 29 décembre, Naomi Musenga est seule à son domicile quand elle est prise de violentes douleurs au ventre et compose un numéro d'urgence. D'abord transférée vers le centre d'appels des pompiers puis vers celui du Samu, elle se plaint de violentes douleurs d'une voix faible : "J'ai mal au ventre", "J'ai mal partout", "Je vais mourir...", dit-elle en soupirant. "Vous allez mourir, certainement un jour comme tout le monde", lui répond l'opératrice, qui la renvoie vers SOS Médecins. Après plusieurs heures, Naomi Musenga parvient à joindre les urgences médicales, un appel qui déclenche cette fois l'intervention du Samu. Emmenée à l'hôpital, elle est victime d'un infarctus puis transférée en réanimation avant de décéder à 17h30.

Plusieurs enquêtes ont été ouvertes, notamment par le parquet de Strasbourg et l'Igas. L'opératrice qui n'avait pas pris au sérieux la jeune femme a été suspendue "à titre conservatoire" par les Hôpitaux universitaires de Strasbourg. "La famille ne souhaite absolument pas que l'on charge uniquement l'opératrice" mais voudrait que des réponses soient apportées aux "nombreuses interrogations qui restent sans réponse", a insisté l'avocat de la famille. Il serait "un peu facile de stigmatiser un agent", a déclaré une autre avocate de la famille, évoquant "au-delà de l'hôpital, toute la chaîne du ministère de la Santé" et des "urgences exsangues, à bout de souffle".   "Vous allez payer pour ce que vous avez fait" "Pourquoi on n'a pas répondu à son appel et pourquoi l'autopsie n'a pas été faite à temps ? Pourquoi on a laissé le corps de ma fille en putréfaction ?", s'est insurgé le père de la jeune fille, assurant qu'elle n'avait pas d'antécédents médicaux. L'autopsie, réalisée 112 heures après le décès, interroge la famille. Dans le même temps, des mesures de sécurité ont été prises mercredi pour le centre d'appels du Samu à Strasbourg, qui, depuis la diffusion de l'appel de Naomi Musenga, a reçu des appels "très agressifs". Plusieurs agents ont porté plainte. Dans plusieurs Samu de France, des menaces et des insultes ont été rapportées. "Vous allez payer pour ce que vous avez fait, vous êtes responsable de la mort de Naomi" a notamment menacé un homme lors d'un appel au Samu de Bayonne. "Je pense que si les gens connaissaient mon visage et mon nom, je ne serais plus de ce monde aujourd'hui", a confié l'opératrice à la presse. Si elle admet que sa phrase moquant la douleur de la jeune femme était "malvenue", elle tient à rappeler les conditions de travail des opérateurs. "Ça suffit de porter toujours le chapeau pour le système", s'indigne celle qui songe aujourd'hui à changer de métier. "On est sous pression en permanence. On travaille en douze heures (…) c'est des conditions de travail qui sont pénibles. Je peux rester deux ou trois heures accrochée à mon téléphone, parce que je n'ai pas le temps de me lever tellement ça déborde de partout (…) On n'y arrive pas, on raccroche et on décroche, on raccroche et on décroche". [Avec AFP]

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