porte ouverte

Un ostéopathe qui sous-loue des locaux dans la maison de santé : la "porte ouverte" à tout, craignent les kinés

Le 13 novembre dernier, la Cour de cassation confirmait qu’il était possible pour un ostéopathe d’exercer dans les locaux d’une maison de santé sous "certaines conditions". Un avis "regrettable pour notre système de soins", déplore l'URPS kinés Centre-Val de Loire qui s'inquiète notamment "d'une confusion dans l’esprit du public".

18/01/2026 Par Cloé-Ava Meininger
Maisons de santé Ostéopathes Kiné
porte ouverte

Article initialement publié sur concourspluripro

Si un ostéopathe "ne peut être membre" d’une maison de santé, il peut néanmoins "participer aux activités qui y sont définies en signant le projet de santé et bénéficier à ce titre d’une location de locaux lui permettant d’y exercer son activité à titre libéral", assurait la Cour de cassation dans une décision le 13 novembre dernier. Une "nouvelle regrettable pour notre système de soins", clame l'URPS des masseurs-kinésithérapeutes libéraux Centre-Val de Loire qui avait saisi la justice en 2019, estimant qu'une maison de santé, en tant que "personne morale constituée entre des professionnels médicaux, auxiliaires médicaux ou pharmaciens", ne peut "valablement sous-louer une partie de ses locaux à un praticien justifiant seulement d’un titre d’ostéopathe". 

Pointant du doigt un "développement" des maisons de santé "largement encouragé par les pouvoirs publics" et ce, au détriment d'une "vocation précise et de conditions d'intégration des différents professionnels pleinement anticipées", l'URPS dénonce une "absence de cadrage initial [qui] a ouvert la voie à une brèche juridique dont la récente décision de rejet du pourvoi en cassation constitue désormais une jurisprudence appelant vigilance".

C’est la troisième fois que l'URPS MKL Centre-Val de Loire et l'Ordre des masseurs-kinésithérapeutes se présentent devant la justice à ce sujet, confirme son président Morgan Colas contacté par Concours pluripro. "On pointe du doigt le fait que des finances publiques allouées à l’accès aux soins et aux professionnels de santé reconnus soient détournées par cette utilisation", précise-t-il. Et la décision de justice "ne renforce pas la clarification sur le statut des ostéopathes", s’inquiète le kiné : "On interdit pourtant aux personnes vivant en HLM de sous louer, mais là, on l’autorise en maison de santé, je trouve ça étonnant. C’est ouvrir la porte à n’importe quelle profession 'non-santé'... et ça pose aussi la question des financements publics dont bénéficient les MSP."

Et bien que l’accès aux soins soit de plus en plus difficile sur le territoire national, Morgan Colas avoue ne pas "comprendre certaines décisions politiques" : "Il y a de nombreuses municipalités qui construisent des MSP pour attirer des professionnels de santé, mais qui finalement n’en trouvent pas pour remplir le bâtiment... Et cette décision de justice va presque dire : 'Ce n’est pas grave, on va remplir les locaux même si les professionnels ne sont pas reconnus'... On parle de rentabilité donc, et pas de clarté pour le patient ni de pertinence des soins. C’est regrettable..."

Le montant de la cotisation ordinale vous semble-t-il justifié?

Blue GYN

Blue GYN

Oui

Tout dépend comment on pose la question. - Tout travail mérite salaire et il faut arrêter de râler sur tout et en permanence, (Arr... Lire plus

10 débatteurs en ligne10 en ligne
Photo de profil de Gilles  Wilmouth
278 points
Incontournable
Autre spécialité médicale
il y a 16 jours
Après le vote de la loi Kouchner dite "des droits du patient" accordant à la sauvette à deux heures du matin l'existence de l'ostéopathie non médicale, le ministère traça le chemin de la reconnaissance de tout et n'importe quoi en assurant que le diagnostic n'était pas dévolu aux seuls médecins puisque le garagiste diagnostique la panne... L'intégration des ostéopathes non médecins et non kinés dans les professionnels de santé est pour bientôt, la boucle sera bouclée. Quand aux honoraires dénoncés comme exorbitants des confrères, en dehors d'une jalousie que je ne peux pas concevoir, j'y vois surtout l'incapacité d'une profession autrefois "honorée" de faire valoir la qualité du travail fourni. Nous sommes passés en quarante ans d'une profession libérale à un état sacerdotal qui tourne à l'état de martyr sur l'autel du soin. Les comptes de la nation interdisent même le simple gel de la situation. Je plains fort ce qui se battent pour rentrer dans ce système...
Photo de profil de CLAUDE ROTH
815 points
Débatteur Passionné
Médecine générale
il y a 15 jours
un osteopathe n'est pas un professionnel de santé mais un promoteur de confort au même niveau qu'une esthéticienne et cela n'est pas péjoratif mais réaliste. Il n'a rien à faire dans une enceinte médicale et cela donne une fausse reconnaissance à une pratique irratoonnelle et rarement efficace 4aucune étude sérieuse , mais des tarifs élevés qui font rêver certains praticiens et profitent de la crédulité des gens qui souffrent. Pas de soinsans diagnostic *, c'est la base.
Photo de profil de Cathy ETOC
15 points
il y a 16 jours
Les kinés feraient peut-être bien de ne pas abandonner leur cœur de métier : le soin, avec massages, travail individuel, plutôt que de se transformer en "coaches sportifs" comme de plus en plus le font. Les patients seraient peut-être moins tentés de se tourner vers des praticiens qui s'occupent vraiment d'eux.....
 
Vignette
Vignette

La sélection de la rédaction

Insolite
Pas d'adresse ni de téléphone... A Angers, ce cabinet qui accueille les patients sans médecin traitant est un...
22/01/2026
6
"Les policiers sont venus arme à la ceinture" : médecins spécialistes en clinique, elles dénoncent des...
15/01/2026
31
Enquête
"Ne plus en faire, c'est un deuil" : pourquoi les médecins renoncent aux visites à domicile
14/01/2026
23
Pédiatrie
Moins de médecins, moins de moyens, mais toujours plus de besoins : le cri d'alerte des professionnels de la...
06/11/2025
14
Histoire
"Mort sur table" : retour sur l'affaire des "médecins de Poitiers", qui a divisé le monde hospitalier
15/12/2025
7
La Revue du Praticien
Diabétologie
HbA1c : attention aux pièges !
06/12/2024
2